Le Sonic Bloom

Amélioration de la croissance des plantes grâce aux fréquences sonores. Les oiseaux stimulent les plantes avec leurs chants, comme le Sonic Bloom.

Sur le même sujet voir aussi  :

http://musique-pour-soigner-les-plant…

La thèse de fin d’études de Yannick Van Doorne : Influence de fréquences sonores variables sur la croissance et le développement des plantes. Année 198-2000. Hogeschool Gent. Belgique.

Procédé de régulation épigénétique de la biosynthèse des protéines par résonance d’échelle, Joël Sternheimer, Brevet français n° 92-06765, 1992

Les langages secrets de la nature, Jean-Marie Pelt, éd. Fayard.

 

Pour plus de compréhension retranscription ci-dessous du chapitre concerné dans le livre « La vie secrète du sol » de PETER TOMPKINS et CHRISTOPHER BIRD. 

Lien vers le PDF ‘en anglais’ « Secrets of the Soil » de Tompkins et Bird : http://fr.bookzz.org/book/691023/b5c035

 

Mais avant voici quelques sources du chapitre que vous allez lire :

« Vocal Communication in Birds » Catchpole Clive 1979

« Bird Souds and Their Meaning » Jellis Rosemary 1977

« The Sound of Music and Plants » Retallack Dorothy L. 1973

« A Guide to Bird Songs » Aretas Andrew 1951

« An Introduction to Bird Life for Bird Watchers » 1964

 

Selon STEINER, nul ne peut comprendre les plantes s’il fait abstraction de tout ce qui tourbillonne, vit et s’entremêle autour d’elles. Au printemps et en automne, lorsque les hirondelles émettent des vibrations pour se regrouper dans les airs, leurs battements d’ailes provoquent des courants aériens qui, combinés avec les champs des oiseaux, exercent une forte influence sur la floraison et la fructification des plantes. Otez les créatures ailées, prévient STEINER, et vous constaterez une interruption de la croissance du monde végétal.

 

STEINER disait vrai. C’est en FLORIDE que nous en eûmes la preuve. Quand on sillonne du sud à l’est de LA BELLE, à mi chemin entre le grand lac OKEECHOBEE et l’île de SANIBEL, nos yeux ne voient pour tout paysage que de citronniers entrecoupé de bras de mer sablonneux s’étirant sur des kilomètres jusqu’aux rivages du GOLFE du MEXIQUE. Aujourd’hui ravagé par la pollution, c’était jadis un paradis pour les amateurs de coquillages. Si un oiseau s’était aventuré dans cet océan de verdure, il aurait été déçu de ne rencontrer aucun de ses congénères à plumes dans les orangerais de GERBER GROVE, envahies par un épais brouillard de substances chimiques déversées pour les protéger des hordes d’insectes. Sauf s’il avait pu découvrir le lotissement numéro 1. Là, les arbres sont habités d’une faune ailée au chant mélodieux. Les oiseaux sont attirés dans cette oasis, non par le concert de leurs semblables, mais par un diapason sonique ressemblant à un champ d’oiseaux. Pour une oreille humaine, incapable de sistinguer ses harmoniques multiples, cela évoque plutôt le grésillement d’un orchestre de criquets géants.

 

Cette symphonie sonique était émise par une série de haut-parleurs noirs, placés au sommets de perches hautes de six mètres, qui résonnaient chacun sur une surface ovale d’environ dix-huit hectares. L’objectif n’était pas tant d’attirer les oiseaux, mais plutôt d’augmenter la taille des fruits et le rendement de la récolte. « J’ai des oranges de toutes tailles, de la dimension d’un petit pois, ou grosses comme des billes, des balles de golf ou des balles de tennis. Certains fruits sont encore verts, d’autres complétement mûrs, tous sur le même arbre, tous en même temps », disait ROY MC CLURG, un ancien propriétaire d’une chaine de grands magasins originaire de l’INDIANA. Il possédait maintenant une partie de la plantation de GERBER GROVE. Nous nous étions rendus à l’aube dans sa propriété de cent vingt hectares, où deux jeunes ouvriers, chacun avec un tracteur et une citerne de produit nutritif pour les feuilles, circulaient entre les deux rangées d’arbres et pulvérisaient un brouillard aérosol de la cime jusqu’au bas du tronc, tandis qu’un haut parleur, à son volume maximum, émettait un sifflement régulier, facilement audible malgré le bruit des tracteurs. MC CLURG désigna l’un de ses nombreux arbres : « Voici le fruit typique que j’obtiens avec cette méthode révolutionnaire appelée Sonic Bloom. La vaporisation de toutes les feuilles, de toutes les plantes, du plus petit bourgeon jusqu’à l’arbre adulte, est synchronisée avec une émission de ce son si particulier. Cette méthode toute simple quoique inexpliquée par la science m’a permis pour la première fois de récolter des fruits sur les branches internes de mes orangers. Et ce n’est pas tout, je vais vous montrer quelque chose de bien étonnant, je dirais même fantastique. » Dans un coin de sa plantation, trois arbres, non parvenus à maturité et dont la plupart des branches étaient desséchées ou mortes, étaient sous traitement. Cette fois, la solution nutritive, dans de petits sacs en plastique, était injectée au moyen de tubes et d’aiguilles dans l’écorce, juste au dessus du sol. Ce que vous voyez là, dit MC CLURG, ce sont trois spécimens souffrant d’une maladie mystérieuse, qu’on appelle la YTD (Young Tree Decline, « maladie du jeune arbre »). Elle attaque un citronnier sur dix dans les plantations de la FLORIDE, dont le gouvernement a déjà dépensé plus de cinquante millions de dollars pour trouver le remède, en vain. » Une inspection plus minutieuse des arbres malades montrait qu’après dix jours de traitement, ils présentaient de nouveaux bourgeons sur toutes les branches, preuve que leur système radiculaire ont les radicelles, auparavant, s’étiolaient et s’atrophiaient, était en voie de guérison. « Les arbres qui présentent cette maladie ont entre huit et dix ans, et n’ont encore jamais porté de fruits. Cela ressemble à une maladie infantile. Un oranger sain a une durée de vie de quatre vingt à quatre vingt dix ans, comme les hommes. Mais le plus étonnant, c’est que ces petits arbres traités commencent déjà a voir une très forte floraison, et essayent de se reproduire. »

 

De retour dans sa vieille maison de bardeaux, refaite à neuf, MC GLURG sortit de son réfrigérateur une douzaine d’oranges de la taille d’un petit pamplemousse. « Elles ont été cueillis hier. Généralement, les oranges de cette taille sont molles et peu juteuses. » Il en coupa quatre et nous les montra gonflées de jus, avec une écorce épaisse d’à peine deux ou trois millimètres. Il passa trois fruits dans le presse agrume électrique et obtint un demi litre de jus. « Avec de telles oranges, j’augmente ma récolte de 30%; en outre leur poids augmente de façon étonnante. Bien mieux, des tests effectués par le GARVEY CENTER FOR THE IMPROVEMENT OF HUMAN FUNCTIONNING de WICHITA, dans le KANSAS, groupe de recherche médical pionnier dans ce domaine, ont prouvé que leur teneur en vitamine C était de 121% supérieure à celle des tomates normales ! Le Sonic Bloom est une découverte qui améliore non seulement la quantité mais aussi la qualité. Nous avons fait des tests en double aveugle, avec des gens qui ont comparé nos fruits à ceux d’autres plantations. Ils ont tous élu les miens comme les plus savoureux. »

 

Tandis que MC CLURG récoltait joyeusement ses oranges, HAROLD AUNGST, un éleveur propriétaire de deux cents vaches laitières Holstein en PENNESYLVANIE, utilisait avec tout autant de succès la technique du Sonic Bloom sur ses quarante hectares de luzerne, cette légumineuse à racines profondes dont on fait du foin, introduite en ESPAGNE par les Maures au VIII siècle. Depuis, cette manne agricole s’est répandu dans le monde entier. Les bêtes n’ont aucune difficulté à distinguer le fourrage de haute qualité vaporisé avec les méthodes du Sonic Bloom. Cette année là, AUNGST fit cinq fauchage successifs, l’un d’entre eux à hauteur d’épaule, et si épais qu’il dût mettre son tracteur en régime très bas pour arriver à passer les lames de coupe. Cette récolte lui valut de remporter le championnat de PENSYLVANIE de culture de luzerne : il battit quatre vingt treize concurrents avec une production inégalée de quinze tonnes par hectares, pour une moyenne de six tonnes et demi dans cet Etats. Mais pour le producteur de lait, ce n’était pas la quantité récoltée qui importait. Le foin provenant de la luzerne qui avait nourri ses troupeaux tout l’hiver fit passer le production laitière de trois mille à trois mille deux cent tonnes pour cinquante kilos d’animal, et ce avec un quart de fourrage en moins. « Je n’en revenais pas. » La famille d’AUNGST était propriétaire de cette ferme depuis trois générations. « Mes vaches mangeaient tout, y compris les tiges de luzerne, alors que les autres années, elles laissaient de côté les tiges. Le nez d’une vache est le meilleur « baromètre » de la qualité d’une récolte. Les vaches se montrent en effet très difficiles pour leur nourriture. J’ai mis du foin d’un autre de mes champs à côté de cette luzerne, et, à chaque fois, les bêtes ont choisi la nourriture soumise au Sonic Bloom. Elles n’ont mangé l’autre que lorsqu’il n’y eut plus rien d’autre. » Dans la cave de sa maison, AUNGST nous montra deux plants de luzerne desséchés, l’un provenant de sa ferme, l’autre d’une ferme voisine. Le spécimen « sonique » était deux fois plus grand que l’autre, beaucoup plus vert et avait une masse radiculaire bien plus importante. « Maintenant je vais vous montrer quelque chose. » Il saisit un plant du voisin par la racine et le secoua au dessus de la table. Très vite, la table fut couverte de feuilles séchées. Il la nettoya, puis renouvela l’opération avec un de ses plants : pratiquement aucune feuille ne tomba. « Eh voilà, ça vous explique tout. Si vous devez expédier le foin sonique, il perd très peu en volume, contrairement aux autres. » Une analyse des protéines apporta l’explication. Effectuée avec un scanner infra-rouge, elle montra que le foin sonique d’AUNGST avait une teneur record en protéines de 29%, pour une teneur nutritive digestible exceptionnelle de 80%. Et son soja donnait les mêmes pourcentages.

SB 1

De l’autre côté des ETATS UNIS, au NOUVEAU MEXIQUE, dans le village indien de TIWA situé à vingt minutes de SANTA FE, les sols désertiques, très alcalins, composés d’argile appelée adobe (impeccable, une fois mélangée à de la paille, pour faire des briques bon marché pour la construction des maisons), sont souvent aussi durs et impénétrables qu’un trottoir new-yorkais. Toutefois, TIWA pouvait s’enorgueillir d’un charmant jardinet, cultivé avec la même matière nutritive auditive que celle employée en Floride et en Pennsylvanie : un vrai petit Eden. Des légumes poussaient à côté de cinquante sortes d’herbes différentes. Il y avait même des tomates et des carottes, qu’on n’avait encore jamais pu faire pousser dans cette région aride, au confluent de la CHAMA RIVER et du RIO GRANDE. GABRIEL HOWEARTH, barbu, coiffé d’un catogan, le regard dur du conquistador et le visage doux du Comanche, en fut le maître jardinier. Il avait travaillé pendant plusieurs années avec les agriculteurs mayas de la péninsules du YUCATAN au MEXIQUE. Le Sonic Bloom donnait des résultats tout aussi miraculeux que l’était la capacité des Mayas à faire pousser des récoltes dans additifs chimiques. Ils communiquaient mentalement avec leurs plantes, d’une façon mystérieuse et impénétrable qui faisait depuis longtemps partie du génie de leur peuple. « Regardez! » Ecartant les feuilles mauve-vert d’une betterave, HOWEARTH encercla de ses mains le tubercule, plu gros qu’une balle de base-ball. « Mes mains ne sont pas assez grandes pour en faire le tour ! Toutes ces betteraves qui, normalement, ne pèsent pas plus de deux kilos, en font quatre, peut-être cinq. » Howearth sortit la betterave de la terre et la coupa en deux avec une machette. Aussi belle que les oranges de MC CLURG, son cœur n’était pas spongieux : « C’est de la bonne betterave, de bout en bout. Elle passera l’hiver sans difficulté. Avec une seule de ces betteraves, une famille du pueblo pourra se nourrir pendant toute une semaine. »

Il faisait aussi pousser du quinoa, le « petit riz du PEROU », céréale favorable des AZTEQUES, et de l’amarante, la nourriture de base si prisée par les INCAS, toutes deux bien plus riches en acides aminés nécessaires au corps humain que n’importe qu’elle céréales de nos climats tempérés. Avec le Sonic Bloom, il avait obtenu une récolte de ces deux céréales très largement supérieure à celles du CENTRO DE AGRICULTURA TROPICAL Y ENSENAZA du COSTA RICA, qui le premier avait implanté ces cultures à basse altitude depuis près de quinze ans. « Grâce au traitement, ces récoltes ont une extraordinaire capacité d’adaptation à l’altitude largement supérieure à celle de leurs régions d’origine. Comme les betteraves et le reste de nos herbes et de nos légumes, ces cultures sont équilibrées. Avec les Sonic Bloom, nos sols semblent s’adoucir sous l’effet de quelque alchimie par un transfert des éléments nutritifs des plantes dans la terre même. Vous vous en rendez compte en sentant, même en goutant le sol, en touchant les « miettes » qui le constituent; vous remarquerez d’ailleurs la prolifération des vers de terre. » L’un des administrateurs indigènes du pueblo gratta la terre avec sa botte, songeur : « Je me demande ce que ça donnerait si tout les miséreux comme moi travaillant de mauvaises terres dans le monde entier pouvait bénéficier de cette technique remarquable. Ils pourraient produire la plupart des aliments indispensables à leur famille sur un tout petit lopin de terre. »

 

Pendant ce temps là, à mi-chemin entre le NOUVEAU MEXIQUE et la PENNSYLVANIE, les clients du marché de SAINT-PAUL dans le MINNESOTA, s’extasiaient du goût des tomates, des concombres, du maïs, des courgettes, des courges et de tous les autres légumes cultivés avec le Sonic Bloom. On en trouvait tout les vendredi après-midi et tout les samedis matin sur les étals. Comme le disait un acheteur plus âgé : « Ce produit a le goût de ce que je mangeais quand j’étais jeune. » Les légumes étaient acheminé en camion par WILLIAM KRANTZ, un ancien agent de change de SAINT-PAUL qui, fortune faite, s’était lassé de la foire d’empoigne, et avait acheté un terrain à RIVER FALLS à la limite du WISCONSIN. Sur un hectare de terre, guère plus grand que les petits lopins auxquels l’Indien TIWA avait fait allusion, KRANTZ obtint des pieds de tomates cerises mesurant plus d’un mètre de haut et portant six cent à huit cent fruits chacun. Il y avait aussi des plants de curcumis sativus, avec trois à six bourgeons de concombres à chaque ramification au lieu des habituels un ou deux, du maïs doux à trois tiges de deux ou trois épis chacune, provenant d’un seul grain. Dans un coin, un unique plant rampant s’étendait sur près de huit mètre carrés, maternant au soleil. Tous ces produit avaient été traités avec la même méthode, celle de MC CLURG, AUNGST et HOWEARTH, bannissant tout emploi d’engrais chimiques. Le Sonic Bloom revient à environ cent dollars l’hectare. Ce traitement à été appliqué à titre expérimental sur différentes cultures, des pommes de terre aux brocolis en passant par les choux fleurs, les carottes, le froment, l’orge et le soja. Mais on a aussi traité des productions exotiques tels les papayes, les mangues, les avocats et les noix de macadamia, et ce dans les cinquantes ETATS AMERICAINS. Chaque fois les résultats ont été aussi impressionnants.

 

L’idée du Sonic Bloom avait germé dans l’esprit de son inventeur lors d’une froide journée d’hiver de 1960, dans la zone démilitarisée entre la COREE DU NORD et la COREE DU SUD. DAN CARLSON, une jeune recrue du MINNESOTA, s’occupait du parc motorisé de l’armée américaine. Un jour, il vit une jeune maman coréenne écraser délibérément avec un camion de deux tonnes les jambes de son fils âgé de quatre ans. En larmes, elle expliqua dans un anglais incohérent et affolé qu’elle avait deux autres enfants qui mourraient de faim à la maison. En mutilant le plus âgé, elle pourrait aller mendier avec lui et rapporter de quoi nourrir sa famille. C’est là, en ces moment et lieu précis, que CARLSON fil le vœu de consacrer le restant de sa vie à chercher des moyens ingénieux et bon marché de faire pousser de quoi nourrir tout le monde, même sur le plus petit et le plus pauvre lopin de terre. De retour dans le MINNESOTA, il s’inscrivit au collège expérimental de l’université. Tout comme DAVID VETTER en OHIO, il fut libre de déterminer son programme en horticulture et agriculture. Il arriva très vite à la conclusion que même sur un sol pauvre, si les plantes étaient nourries convenablement – non par les racines mais par les feuilles, grâce à des pores, les stomates, qu’elles utilisent constamment pour échanger des suspensions gazeuses avec l’atmosphère environnante – elles pourraient se développer favorablement, et croître rapidement, et de même dans des sols acides, alcalins, arides, déserts, ou dépourvus d’éléments nutritifs équilibrés. Mais CARLSON avait également compris la nécessité d’une force stimulante pour réveiller l’activité des stomates. Il tomba alors sur un disque intitulé « COMMENT OBTENIR DE BELLES PLANTES CHEZ VOUS », enregistré par GEORGE MILSTEIN, un dentiste à le retraite qui avait remporté des compétitions horticoles avec des broméliacées, famille de plante très vaste à laquelle appartiennent les ananas et les tillandsies. L’idée de MILSTEIN avait été d’enregistrer un « mixage » d’un air très populaire et de fréquences pures proposées par les chercheurs de l’université d’OTTAWA pour augmenter le rendement du blé et dont il avait lu un compte rendu d’expérience dans « LA VIE SECRETE DES PLANTES » (TOMPKINS et BIRD).

SB 2

Reprenant le travail là où MILSTEIN l’avait laissé, CARLSON concentra ses efforts pour trouver des fréquences susceptibles d’inciter les stomates à s’ouvrir et assimiler. Il n’avait pourtant pas tout de suite fait le lien avec les oiseaux des orangeraies de MC CLURG. Il parvint à trouver une série de fréquences et d’harmoniques qui s’accordaient exactement avec l’aubade que donnent les oiseaux, de l’aurore jusque dans la matinée. Mais il fallait créer une nouvelle cassette de musique populaire dans laquelle les sons non musicaux seraient inclus, afin de préparer un « kit » de Sonic Bloom utilisable dans les jardinet, derrière les maisons, dans les serres et sur les plantes d’intérieur. CARLSON alla donc trouver un expert, MICHAEL HOLTZ, professeur de musique à MINNEAPOLIS. Il suffit à HOLTZ d’écouter les « grésillements de criquet » de CARLSON pour s’apercevoir que la tonalité était en parfaite harmonie avec le concert que lui donnaient chaque matin, devant la fenêtre de sa chambre, des nuées d’oiseaux. La première cassette utilisait des mélodies hindoues, les ragas, susceptibles de plaire à une oreille indienne, et faisant les délices aussi bien des oiseaux que des plantes. Elles permettaient aux stomates d’assimiler plus de sept fois la quantité d’éléments nutritifs pour les feuilles, et d’absorber la vapeur d’eau invisible présente dans l’atmosphère, bien qu’imperceptible dans les conditions climatiques les plus arides. Mais ces sonorités ne plurent pas aux horticulteurs ni aux agriculteurs américains, et encore moins à leurs femmes, à l’exception de quelques amateurs de goûts exotiques.

 

Cherchant une musique occidentale pouvant inclure les plus hautes fréquences de CARLSON, celles qui, dans l’expérimentation hindoue, avaient donné les récoltes les plus exceptionnelles de maïs, HOLTZ séléctionna plusieurs thème dans le DICTIONNARY OF MUSICAL THEMES. Il opta pour le premier mouvement des QUATRE SAISONS de VIVALDI, celui intitulé à fort propose « Le printemps ». « Je l’ai écouté encore et encore, dit HOLTZ. Je me suis dit que VIVALDI devait tout connaître du champ des oiseaux qu’il tenta d’imiter dans ses récitatifs de violon. » HOLTZ vit également que le violon, qui domine dans « LE PRINTEMPS », rappelait celui de l’enregistrement de la sonate pour violon de BACH que les chercheurs de l’université d’OTTAWA avaient utilisé sur un champs de froment. Les résultats s’étaient révélés remarquables puisque la récolte avait été de 66% supérieure à la moyenne, avec des grains plus gros et plus lourds. HOLTZ, en conséquence, choisit le CONCERTO POUR VIOLON EN MI MAJEUR de BACH. « Je l’ai choisi tout particulièrement parce que ses notes sont souvent répétées, mais néanmoins variées. BACH était un tel génie musical qu’il était capable de changer son rythme harmonique toute les deux mesures, avec ses violons allant de mi à si et sol mineur, et ainsi de suite, alors que VIVALDI gardait parfois le même accord pendant quatre mesures. Ces pourquoi BACH est considéré comme le plus grand compositeur. J’ai préféré un concerto de BACH à sa musique pour orgue, plus populaire, car le timbre du violon et sa structure harmonique sont beaucoup plus riches. » HOLTZ se plongea ensuite dans une étude tout à fait nouvelle, celle des mélodies d’oiseaux.

 

Dans les années 30, ARETA SAUNDERS, auteur du GUIDE TO BIRD SONGS, avait conçu une méthode de représentation visuelle, par un audio-spectrogramme des mélodies que chantent les oiseaux, qui ne peuvent être ni décrites avec des mots, ni avoir la moindre signification sur une portée musicale. Ces mélodies furent épurées en « sonogrammes », dans le laboratoire d’ornithologie de l’université de CORNELL, indiquant les fréquences électroniques et les amplitudes au lieu des notes de musique. Elles furent utilisées en 1966 dans un guide pratique, BIRD OF NORD AMERICA, où elles étaient reproduites à côte de la description de presque chacune des six cent quarante-cinq espèces différentes d’oiseaux représentant soixante-quinze familles vivant au nord de la frontière MEXICAINE. Quelques chants dont la fréquence était particulièrement élevée – de 60 000 à 12 000 hertz par seconde – tout comme celui de la timide fauvette du Tennessee, dont le dos couleur émeraude lui permet de se fondre dans le feuillage. Son chant est inaudible pour la plupart des gens âgés, tout comme les sifflet à ultrason pour chien. Ainsi, pour apparaître dans le guide, son sonogramme à dû être tracé à une très grande échelle.

 

Très vite, HOLTZ fut capable de représenter sur une portée musicale les notes dominantes des chants d’oiseaux avec toutes leurs harmoniques. Instinctivement, DAN CARLSON avait peu à peu trouvé les fréquences électroniques idéales, analogues à un chœur d’oiseaux. « C’était émouvant. Et je pensais alors que Dieu, lorsqu’il avait crée les oiseaux, ne leur avait pas seulement donné la capacité de voler et de gazouiller. Leur chant même devrait être, d’une façon ou d’une autre, intimement lié aux mystères de la germination des graines et de la croissance des plantes. » Lors de visites dans son IOWA natal à la ferme paternelle, HOLTZ apprit que je jadis la campagne était survolée de millier d’oiseaux. Sa tante Alice regrettait leurs trilles lyriques. Et le chant de flûte des grives à ventre tacheté. Et le mince sifflement aigu des fauvettes noir et blanc. Ainsi que les chants sourds sur cinq notes de leur cousine la fauvette jaune aux ailes bleutées. La plupart des oiseaux champêtre avaient disparu depuis longtemps du paysage champêtre. « Je crois que RACHEL CARLSON avait raison, disait HOLTZ avec nostalgie, le printemps est beaucoup plus silencieux qu’il n’était auparavant. Le DDT a tué beaucoup d’oiseaux. Qui peut dire l’effet magique que peut produire le chant de la grive des bois sur son environnement, trois notes distinctes qu’elle lâche en même temps, gazouillant les deux premières et tenant la troisième! » Un matin que HOLTZ se lamentait sur la disparition de tant d’espèces ailées du ciel de l’IOWA, une fauvette jaune, qu’on aurait pu prendre pour un canari, vint se poser sur le sommet d’un arbre, juste devant sa fenêtre, comme si elle avait deviné sa pensée. Tel un musicien répondant à la baguette du chef d’orchestre, elle se mit à chanter. HOLTZ prit son magnétophone et enregistra un air qui ne dura pas moins de neuf ou dix minutes. Dans son guide pratique, il découvrit que le petit oiseau avait un registre atteignant 8 000 hertz. Pour en savoir plus, il consulta des ouvrages sur la structuration des chants d’oiseaux : VOCAL COMMUNICATION IN BIRD, BORN TO SING et BIRD SOUND AND THEIR MEANINGS. Il consulta également des livres médicaux qui lui apprirent que les minuscules villosités semblables à des touffes de cheveux hirsutes située dans la cochlée au niveau de l’oreille interne de l’homme vibrent à certaine fréquence. « J’ai essayé de découvrir avec DAN CARLSON la partie des plantes que nous faisions vibrer », expliqua HOLTZ.

 

En étudiant divers schémas d’une cellule, HOLTZ découvrit par la suite une structure sous cellulaire, située dans le cytoplasme et appelée mitochondrie. Il en montra un agrandissement à CARLSON : « Cette forme ne te rappelle-t-elle rien ? » Au premier coup d’œil on reconnaissait le corps d’un violon ou d’un alto. « Très juste ! exulta HOLTZ. E ce qui est particulièrement intéressant, c’est que la fréquence de résonance d’une mitochondrie est de 25 hertz et, si elle est multipliée, elle atteint une harmonique de 5000 hertz, soit la fréquence utilisée par le DR PEARL WEINBERGER pour faire pousser du froment d’hiver deux fois plus grand que la normale avec quatre fois plus de pousses, ainsi que DOROTHY RETALLACK le rapporte dans THE SOUND OF MUSIC AND PLANTS. Il se pourrait que les fréquences de WEINBERGER fassent vibrer non seulement les mitochondries des semences de froment, mais aussi l’eau qui les entoure, augmentant la tension superficielle et améliorant la pénétrabilité du mur cellulaire ». HOLTZ rapprocha ce fait de la découverte qu’avait faite DOROTHY RETALLACK : lorsque ses plantes « écoutaient » du BACH, du jazz ou les accents indiens du sitar de RAVI SHANKAR, leurs transpiration augmentait, signe d’une activité de croissance plus importante. Mais lorsqu’elles subissaient du hard rock, dont la fréquence est triples, elles mourraient en deux semaines. « Leurs systèmes ne peut pas supporter une musique aussi frénétique, conclut HOLTZ. L’énergie intense et douloureusement monotone du son rock peut virtuellement faire exploser les cellules ! De jeunes volontaires qui cherchaient à s’engager dans les marines et qui avaient écouté cette musique depuis leur plus tendre enfance ont été refusé en raison d’une surdité partielle. Et ils n’avaient pas encore vingt ans! » Mais ne suffisait-il pas d’utiliser un crescendo d’orchestre symphonique, tout les instruments émettant des centaines de fréquences et des centaines d’harmoniques? Les plantes n’avaient-elles alors qu’à choisir celles qui leurs convenaient le mieux ? Nous lui posâmes la question. « N’oubliez pas la loi du rendement non proportionnel ! répondit-il. Le résultat d’une dose trop forte n’est pas forcément meilleur que celui d’une toute petite dose. » Et dire que HOLTZ n’avait aucune connaissance de l’effet de « potentialisation » homéopathique !

 

Nous avons rencontré CARLSON à l’une des conférences annuelles de CHARLES WALTERS sur l’éco-agriculture. Il parlait de ses conceptions avec enthousiasme : « Ce que nous avons essayé de faire avec la partie sonique du Sonic Bloom, c’est de rester dans les limites établies par la nature. » CARLSON avait un peu l’allure d’un amish, avec ses cheveux noirs, sa longue barbe et son costume trois pièces. « Je crois qu’il existe des forces cosmique qui nous assistent et contribuent à nos succès; bien sûr, ce n’est pas une explication scientifique. Convenablement utilisée, ces forces facilitent la croissance des plantes, améliorent la production laitière des vaches, et peut-être même favorise des relations harmonieuses entre les gens. Nous avons de nombreuses preuves que des fréquences différentes de couleurs ou de sons ont des vertus curatives. Le hard-rock n’est pas en accord avec les harmoniques de la nature. Je crois que les oiseaux qui seraient contraints d’en écouter au-delà d’un certain laps de temps tomberaient malades et succomberaient tout comme les plantes de RETALLACK. « Je reçois plus d’une centaine d’appels téléphoniques chaque année de gens qui utilisent mes enregistrements. Dès qu’on met le son, rapportent la plupart d’entre eux, les plantes se détournent du soleil et se tournent vers les haut-parleurs ! Toujours ! Pour moi, il ne fait aucun doute que le son est aussi important pour les plantes que tout ce que nous savons de la photosynthèse. C’est peut-être ce que RAPHAEL CARSON voulait dire en suggérant que le printemps pourrait un jour devenir silencieux sans les violons de VIVALDI. »

 

Comme l’hiver rigoureux du MINNESOTA s’annonçait, et que la place manquait à l’intérieur de sa maison de la VETERAN HOUSING ADMINISTRATION pour poursuivre les expériences, CARLSON prit une grande décision : pour la modique somme de quatre vingt cents, il acheta une Gynura aurantiaca, plante tropicale originaire de Java en Indonésie. Plante laineuse, ses feuilles charnues en forme de larmes sont couvertes de poils et de veines violacées. Ses fleurs concaves, d’un jaune orangé, exhalent une odeur désagréable. Mais elle devint l’enfant chéri de CARLSON. Une fois par mois, avec un tampon de coton, il appliquait des produits nutritifs sur la pointe de son chouchou végétal, à doses très faibles, presque homéopathiques. En même temps, il lui faisait « écouter sa musique ». La pointe semblait se faner quand on lui appliquait le produit, mais une nouvelle pousse apparaissait bientôt au-dessous de la pointe morte, et se développait en une feuille superbe. En quelques jours, la pointe originale guérissait et recommençait à croître, et les deux pousses avaient des tiges épaisses, pleines de vitalité et des feuilles exceptionnellement grandes. La croissance de la plante grimpante était telle que CARLSON fut obligé de fixer des tasses de thé sur le mur de sa cuisine, à deux mètres les unes des autres, pour soutenir la plante. Et elle poussait si vite qu’il devait ajouter une demi douzaine de tasses par semaine ! Ce fut à ce moment là qu’il fit une autre découverte. S’il donnait un petit coup de ciseaux aux pointes en pleines croissances, de nouvelles pousses apparaissaient sur le coussinet de la première feuille juste au dessous de l’incision. La plante javanaise ne ressentait donc aucune douleur. Mais CARLSON était encore plus intrigué par certaine feuilles qui se mirent à pousser : en plus de celles en formes de larmes, caractéristiques de l’espèce, il s’en développait d’une tout autre sorte, découpées en dents de scie, typiques de sa cousine indienne la Gynura sarmentosa, et d’autres encore qui, elles, étaient fendues et totalement étrangères à ce type de plante. Le traitement, son + solution, semblait affecté très bizarrement l’aspect génétique de la plante.

 

Dans le mémoire qu’il présenta à son professeur, CARLSON posait la question avec une certaine préscience : « Une cellule d’un certain genre de plante peut-elle contenir toutes les caractéristiques de toutes les espèces du même genre? Sinon, pourquoi ma plante issu d’une bouture de Gynura aurantiaca a-t-elle développée sur 90% de sa longueur des feuilles de la Gynura sarmentosa et, en même temps, une forme de feuilles fendues, tout à fait nouvelle? La combinaison de produits nutritifs et d’énergie sonore a-t-elle produit un rythme de croissance tel que tout le processus d’évolution a été lui aussi condensé? Ai je permis à ma plante de s’adapter plus rapidement? Est-ce la raison pour laquelle des feuilles si différentes apparaissent sur une même plante? Si on peut répondre « oui » à une seule de ces questions, peut-on transférer ce savoir à d’autres plantes? Des récoltes alimentaires pourraient-elles par exemple être ainsi traitées de façon à croître plus rapidement et mieux s’adapter à leur environnement ou a un environnement étranger? »

 

Quand l’hiver fit place au printemps, puis l’été à l’automne, CARLSON remarqua un autre fait étrange : sa plante n’avais pas fleuri une fois, mais deux. Encore plus fantastique, elle avait atteint une hauteur incroyable. Durant les trois premiers mois, la plante grimpante, qui normalement ne grandit que de trente-cinq à soixante centimètres, avait pris quarante cinq mètres ! Le reste de l’année, elle se développa à la même allure, et CARLSON dut creuser un trou de trois centimètres dans le mur de son salon pour permettre à sa plante de poursuivre sa croissance ! Elle se tirebouchonna de long en large sur le plafond, le long de fils porteurs qui avaient été tendus tous les quarante centimètres, et finit par atteindre plus de cent soixante mètres ! L’année suivante, CARLSON commença à prélever des pousses de dix centimètres sur sa plante, qu’il mit dans des petits pots en plastique. Il en prépara quatre cent qu’il alla vendre au marché aux puces pour quatre dollars pièce. Chacune portait son adresse et un numéro de téléphone où le joindre. Il demandait qu’on l’appelle : si une pousse mourrait, il la remplacerait. « J’ai reçu de nombreux appel. Mais aucun pour se plaindre de l’état de la plante. Bien au contraire, tous voulaient savoir pourquoi les ramifications atteignaient six mètres, neuf mètres, voir quinze mètre de long. J’ai alors pensé que ce développement inouï pouvait donner naissance à des nouvelles souches de « super-fleurs ». »

 

En dépit de son succès, digne du célèbre horticulteur LUTHER BURBANK, quand CARLSON, tout heureux, invita des membres de la commission universitaire à venir constater par eux même ce qu’il avait accompli, leur seule réaction fut un soupir d’ennui… Ces résultats, obtenus avec une plante d’appartement non comestible, n’avaient aucune valeur commerciale, et par conséquent aucun intérêt. C’est tout ce qu’ils trouvèrent à lui dire. « J’étais médusé, raconte CARLSON. C’était la première fois de leur vie qu’ils entendaient parler d’une méthode extraordinaire, des sons qui favoriseraient une croissance exceptionnelle en facilitant l’apport de substances nutritives, et ils ont pourtant repoussé ces résultats comme sans valeur ! Vraiment je ne comprenais pas leur réaction. » CARLSON chercha désespérément à obtenir une reconnaissance officielle de sa réussite. Il écrivit à l’éditeur du livre GUINESS DES RECORDS, en ANGLETERRE, qui mandata dans le MINNESOTA des « spécialistes en monstres végétaux » pour vérifier ses affirmations. Les spécialistes en question mesurèrent minutieusement la tige de la plante sur toute sa longueur et félicitèrent CARLSON. Cette année là, à la page 113 de la nouvelle édition du GUINESS, un article portait aux nues la découverte de CARLSON. La star de MINNEAPOLIS publia une grande photo de la famille CARLSON devant la plante, tiges et feuilles se mêlant à la chaîne d’un lustre avant de s’étendre par les trous pratiqués dans le mur jusque dans les chambres des enfants. Pour riposter à ses détracteurs qui niaient toute valeur commerciale à sa découverte, CARLSON entreprit de fournir un équipement sonique et un mélange de substance nutritives aux jardiniers du dimanche qui l’avaient appelé après avoir lu l’article du star. Le Dispatch de Saint Paul décrivit ses violettes africaines portant plus de quatre cents fleurs de toutes les couleurs possible du spectre, et ses belles de jour, pourpre, bleues, blanches, rouges et roses, enveloppant sa maison de la cave jusqu’au toit. Le journal citait CARLSON, qui imaginait un monde de géants, avec une flore gigantesque capable de nourrir les multitudes, tandis que leurs stomates augmenteraient la quantité d’oxygène nécessaire à toute vie sur terre.

 

Ce que CARLSON n’avait pas dit au journaliste, c’est que ses belles-de-jour multicolores provenaient d’un vieux paquet trouvé par une amie de sa mère dans son grenier. Si, pensait CARLSON, LUTHER BURBANK avait pu persuader son cactus épineux de perdre ses épines, non par croisement mais tout simplement en lui faisant perdre ses épines, non par croisement mais tout simplement en lui faisant savoir qu’il était là pour le protéger, et que, par conséquent, elles étaient devenues inutiles, alors lui aussi, pouvait adapter ses plantes grimpantes aux désirs humains. « J’adhérais aux idées de BURBANK. A l’image de l’esprit humain, les plantes, à un degré supérieur, son capable d’assurer la survie de leurs générations futures. On connaît tous les histoires d’arbres qui, n’ayant porté ni fleurs ni fruits depuis depuis des années, se mettent à fleurir et à produire lorsqu’ils sentent la menace d’une hache ou d’une scie. » Un printemps, alors qu’il ramassait les semences de ses belles-de-jour avec Justine, sa fillette âgée de douze ans, il cherchaient le moyen d’obtenir de leurs plantes grimpantes qu’elles répondent au désir de chacun : CARLSON préférait les fleurs pourpres, Justine les roses. « Nous avons pensé qu’elles pourraient nous satisfaire en répondant par les couleurs que nous aimions si nous nous rapprochions d’elles mentalement et émotionnellement. » A la fin de l’été suivant, lorsqu’elles se couvrirent de fleurs multicolores, CARLSON découvrit que toutes les fleurs roses étaient assemblées autour de la fenêtre de la chambre de sa fille; autour de la sienne, il n’y avait que des fleurs pourpres. « Nous pouvions donc, d’une façon encore indéterminée, communiquer avec les plantes, et changer la couleur de leurs fleurs et la forme de leurs feuilles. Tout cela était une affaire de confiance mutuelle. Les plantes doivent percevoir votre désir et comprendre que, si elles y répondent, vous préserverez leurs semences pour en assurer la continuité. »

 

Mais CARLSON espérait des résultats encore plus étonnants : il était persuadé que sa technique lui permettrait de déterminer les goûts de plantes en leur proposant tout un menu de substances nutritives auxquelles elles n’avaient jamais eu accès jusque là. Par leurs réactions, il découvrait ce qu’elle préféraient, au lieu de les forcer, tels des bébés, que leurs parents obligent à avaler les navets ou le foie qu’ils détestent, persuadés, souvent à tort, que c’est excellent pour leur santé. Il espérait qu’à terme cela mettrait fin aux maladies et aux déficiences qui produisent de mauvais fruits et légumes, il songeait même à vaporiser des pommiers avec une solution épicée parfumée à la menthe, la cannelle ou la muscade, pour récolter des fruits aromatisés ! Ainsi, plus besoin de saupoudrer les tartes avec des épices ! « C’est alors que je me suis aperçu que ma méthode défiait le potentiel des semences, qui se trouvait porté à son maximum par les pulvérisations de Sonic Bloom, cinq toutes les deux semaines. » Il frappa du poing sur la table pour accentuer ce qu’il disait. « Je pense avoir découvert un principe nouveau qu’on pourrait appeler le principe de croissance indéterminée ! Cela bat en brèche le concept que les plantes sont génétiquement limitées à une taille ou un rendement particuliers. » Convaincu de cette croissance illimité, CARLSON aboutit à un autre principe, celui de la progression géométrique. « Nous avons découvert, peu à peu, que les plantes traitées pendant toute une saison de croissance transmettaient chaque changement survenu en elles, et préparaient ainsi dans leurs semences une génération suivante cinquante fois plus grande et plus productive, même si cette dernière n’était pas traitée avec le Sonic Bloom. Pour CARLSON, les plantes disposaient d’un certain potentiel leur permettant de répondre aux désirs humains. Il aurait fallu examiner ces potentiels attentivement. Mais les botanistes et les ingénieurs en génétique n’avaient rien compris au problème. « Les savants foncent tête première dans la manipulation des plantes, en coupant et en appariant les gènes avec autant de ferveur chirurgicale que les monstres qui découpent et mutilent les animaux en laboratoire. Certains d’entre eux n’ont pas hésité à annoncer triomphalement qu’ils avaient obtenu une viande de porc plus maigre en développant une race de cochon qui louche et titube pitoyablement sur ses pattes trop faibles pour le porter. » CARLSON était hors de lui. « Nous devons nous occuper des plantes et des animaux avec affections, au lieu de détruire dans les créatures que Dieu nous a données ce que nous sommes incapables de voir. Nous devrions protéger ces dons, et apprendre à vivre en communion avec toutes les créatures de Dieu. » Il fit une pause pour retrouver son calme. « Certaines personnes aux philosophies bien particulières vont m’accuser de torturer les plantes, d’abuser de leur nature fragile. Ce n’est pas vrai. Je défie quiconque de venir dans les jardins témoins que j’ai crées, d’observer la santé resplendissante des plantes, de constater la fructification extraordinaire et le goût de ces fruits. J’ai obtenu tout cela grâce à mon affection, à des substances nutritives naturelles et au son. »

Le rêve de CARLSON de faire pousser de grandes quantités de nourriture sur de petits lopins de terre avec une méthode simple allait peut-être devenir réalisable en mariant sa technique du Sonic Bloom avec celle développée dans le MISSISSIPPI par RON JOHNSON, un fermier amateur d’une trentaine d’années, infirmier de nuit dans un hôpital de MENPHIS, TENESSEE. JOHNSON cultive un nombre incroyable de fruits et de légumes sains et délicieux dans des bacs de vingt-cinq centimètres de haut, contenant un mélange de sciure de bois et de sable. Il a tout construit avec des planches de rebut provenant de la scierie, deux camions pleins de sciure et un autre de sable. Il faut à peine quelques heures de travail pour construire chaque bac. Selon les chiffres fournis par JOHNSON, chaque bac de deux mètre cinquante sur cinq peut donner une récolte de huit cent melons ou deux tonnes et demi de tomates – soit beaucoup plus que tout ce qu’on pourrait faire pousser sur une parcelle de terre de même dimension. « J’ai découvert tout cela il y a trois ans, nous dit JONHSON. Avant, impossible de faire pousser quoi que ce soit sur ce sol mort. C’est alors que je suis tombé sur une bande magnétique de DAN CARLSON; à la même époque, j’ai fait la connaissance d’un agriculteur utilisant des microbes. J’ai aussi tout lu des méthodes intensives françaises, et tout cela m’a donné l’idée des bacs. Ce système évite tout le travail de labours, de culture et d’élimination des mauvaises herbes. L’arrosage quotidien peut être automatisé et économique. Ma facture d’eau n’a augmenté que de quelque dollars depuis que j’ai commencé. Et lors de la sécheresse de 1988, alors que mes voisins n’ont fait aucune récolte, mes plants étaient bien verts. » Pour cent cinquante dollars, JOHNSTON ajouta un châssis et une serre afin de produire des tomates deux mois avant ses voisins. Sa récolte fut exceptionnelle. Le taux de chlorophylle des feuilles avait doublé, et elles étaient si sucrées que les insectes qui les butinaient furent tués d’une overdose d’alcool. JOHNSTON n’utilise pas d’insecticides. Deux cents plants de fraises dans un bac plus petit avaient produit deux cents paniers de fraises ayant une teneur en sucre double de la normale. Un seul bac de haricots suffisait à nourrir une famille de quatre personnes pendant un an. Pour ce qui est des melons, JONHSTON vingt fruits par plants.

SB 3

La sciure et le sable, d’une consistance légère, facilitaient la pénétration de l’air et de l’eau jusqu’aux racines. Mais les véritables « héros » de ce système était les quarante sept couches de micro-organismes que JOHNSTON avait fait venir de CALIFORNIE. « Je les appelle des Piranhas, plaisantait JOHNSTON. Ils dévorent n’importe qu’elles substance nutritive présente dans l’air. Ils transforment en nourriture saine pour les plantes tous les engrais que je met dans le bacs, et effectuent la transmutation de sels potentiellement toxiques en régimes équilibré pour chaque type de plante, leur fournissant un flux continu de substances nutritives. » Après avoir ajouté une cuillère à thé de microbes pour quatre litres d’eau, JOHNSTON arrose les pieds des plantes. Là, ils prolifèrent à la vitesse de deux cent mille à la minute, chacun d’entre eux mourant au bout de trente minutes. Mais en tant que souche, les microbes vivent aussi longtemps qu’ils ont de la nourriture. « Ils dévorent n’importe qu’elle engrais bon marché que je leur fourni, et en transforme les éléments. Ainsi, ils transforme la potasse en souffre, et tout ce qui est en excès en ce qui fait défaut. Mes microbes fournissent aux plantes ce dont elles ont besoin au moment où elles en ont besoin, leur apportant une variété de minéraux. Et les plantes s’en portent bien; plus elles reçoivent de minéraux, meilleur est leur goût, et plus longue leur durée de stockage. » JOHNSTON affirme, que tels des chameaux, ses microbes absorbent beaucoup plus d’eau qu’ils n’en ont besoin. Mais ils la cèdent aux plantes par temps de sécheresse. S’ils sont bien nourris, ils prolifèrent même sous les bacs, jusqu’à une profondeur de plusieurs mètre dans le sol qu’ils transforme alors en humus.

SB 4

Mais cela n’intervient que pou moitié dans la réussite de JOHNSTON. C’est le Sonic Bloom de DAN CARLSON qui fait le reste. Chaque matin, JOHNSTON fait entendre ces sons enchanteurs à ses plantes. C’est ce Sonic Bloom qui leur permet d’absorber l’humidité de l’air riche en éléments. E une fois par semaine, il nourrit leurs feuilles avec les substances nutritives liquides de CARLSON. « Tout ceci marche de concert : le sable et la sciure; les microbes et les engrais; le Sonic Bloom et le son. Chacun d’entre eux pris séparément ne donnerait pas les mêmes résultats. » Ainsi que l’explique JOHNSTON, toute cette méthode, simple passe-temps au début, est devenue l’élément moteur de sa vie. Il veut maintenant enseigner dans le monde entier comment faire une arrière cour ou d’une terrasse un jardin d’abondance. « Au début, les gens me croiront difficilement. Mais le citadin sera bien étonné quand il verra pousser des melons magnifiques sur sa terrasse, au dernier étage d’un gratte ciel de NEW YORK, de même que le paysan du tiers monde qui apprendra qu’avec une minuscule parcelle et peu de travail il peut s’enrichir. » RON JOHNSTON se tut pour contempler ses bacs couvrant un demi-hectare et contenant pour plus de cent mille dollars de légumes et de fruits.

 

« Ce qui me rend vraiment heureux, dit-il avec un large sourire, c’est de pouvoir refaire de cette planète ce qu’elle était avant le ‘péché originel’ qui a désacraliser le sol de Notre Mère la Terre. »

 

 

 

 

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